Dans le discours contemporain, le développement personnel est souvent présenté comme une démarche strictement centrée sur soi, parfois même teintée d’un certain nombrilisme. On l’associe volontiers à la définition de ses besoins, à la pose de limites, à l’affirmation de son identité, à la réalisation de ses objectifs individuels, à la quête d’un mieux‑être ou encore à la guérison de blessures intimes. Cette représentation, largement popularisée, laisse croire que l’essentiel du travail se joue dans un face‑à‑face intérieur, presque en autarcie. A croire qu'elle porterait encore l’empreinte d’un héritage psychanalytique où la personne, invitée à se parler à elle‑même, évolue dans un cadre où l’interaction avec le thérapeute demeure minimale.